Cunnington....OU L INSTANT CATASTROPHIQUE....
Lors de la 1ère guerre mondiale, un capitaine français refuse la reddition de l’île de Cunnington, située au large des côtes chiliennes. Suite au conflit mondial, il reste sans aide (alimentaire, humanitaire etc) durant deux ans. Il y vit avec un groupe de quatre hommes et de leurs épouses. De jour en jour, les réserves s’épuisent, la misère s’installe. Enfin, un navire (ennemi ou ami?) apparaît au large. Quatre des hommes valides tentent à l’aide d’une barque d’atteindre la haute mer, pour cela ils doivent dépasser les rouleaux marins et, de la plage tout cela est suivi par les femmes et… Le capitaine et ses trois accolytes meurent noyés sous les yeux de leurs familles.
Il reste sur l’île le dernier homme valide, gardien du phare. Celui-ci perd la raison et devient un cruel despote, violant deux des femmes et inféodant les deux autres. Quelques mois plus tard, il décide de prendre comme femmes de harem les deux autres, dont la femme du capitaine. Lors de leur arrivée, un violent drame éclate, à savoir : au préril de sa vie, l’une des femmes finit par le ter-rasser. La veuve du commandant envoie son fils au phare pour y quérir un baril d’essence afin d’incinérer le cadavre. A ce moment, l’enfant voit approcher une chaloupe française provenant d’une goélette qui se portait à leur secours.
Quelle ne fut pas la stupéfaction des sauveurs lorqu’ils accostèrent et se retrouvèrent face à des femmes en haillons, des enfants faméliques et un cadavre encore chaud!
Ils furent reccueillis, sauvés et soignés… leur histoire fut transmise ultérieurement au commandant Jacques-Yves Cousteau qui, lors d’une mission scientifique à l’île de Cunnington fit rechercher le dernier survivant, à savoir: le fils du capitaine. Celui-ci revécut lors d’une interview tous les éléments du drame avec une précision extrêment minutieuse. Lors d’un “pélérinage” sur l’île il dressa une croix à la mémoire de son père noyé et jamais retrouvé. Il avait vécu avec ce drame durant toute sa vie (1916 -…) et plusieurs décennies après il était revenu sur la scène du drame pour témoigner de ce qu’on pourrait appeler l’instant catastrophique vécu lors de son enfance. Il revécut donc le drame de cette communauté en le verbalisant lors de sa rencontre avec Cousteau et se libérant probablement de l’angoisse du traumatisme par le témoignage, la parole, la symbolique d’une croix érigée à la mémoire des disparus. (Tassigny-Rochez)
